Présentation Sites et monuments Carrières et souterrains
Patrimoine livresque Patrimoine livresque numérisé A l'école du patrimoine



La Cathédrale Notre Dame (visite à 360°)

(visite à 360°, cliquer sur la porte de la Cathédrale pour y entrer)




La masse impressionnante de la Cathédrale avec ses cinq puissantes tours donne à la butte de Laon sa silhouette si particulière. Elle en est aussi l'attrait principal que justifie son extrême qualité architecturale.

La cathédrale Notre Dame de Laon, chef d'oeuvre des premiers temps de l'art gothique, remplace un édifice endommagé lors du soulèvement laonnois de 1112. Elle fut édifiée à partir de 1155 en moins de cinquante ans. A l'origine, la cathédrale, qui culmine à 75 mètres de la ville, devait compter sept tours, cinq furent construites dont une surmontée d'un clocher rasé à la Révolution.

Construite à la même époque que Notre Dame de Paris, Notre Dame de Laon doit beaucoup au parti architectural mis en oeuvre un peu plus tôt à Noyon. A Laon convergent encore divers courants d'influence, anglo-normand, dont la plus belle expression est la tour lanterne avec la verticalité des cinq tours.

L'influence de Laon au XIIIe siècle est considérable dans la France septentrionale : en Champagne, l'abbatiale d'Orbais, la cathédrale de Reims, en sont profondément marquées. La cathédrale de Chartres, elle aussi, est davantage l'héritière de Laon que de Paris.

Les Tours

Les tours et l'ensemble de la façade ouest constituent d'ailleurs ce que Laon possède de plus remarquable, avec leur jeu de pleins et de vides si original.

La tour nord ouest dite de Saint Paul a pour plan un octogone, point de départ d'une flèche à huit pans (la dernière flèche a été démolie en 1793).

Aux angles, sur des demi-étages rectangulaires surmontés de tourelles
octogonales prennent place deux boeufs de pierre, rappelant la légende du boeuf mystérieux et miraculeux qui remplaça sur le champ, dans un attelage de 4 animaux qui conduisait au sommet de la colline les matériaux nécessaires à la construction, un des boeufs épuisé. L'architecture est rendue diaphane grâce aux tours évidées et aux colonnettes formant une claire-voie tournante.


Vue à 360° depuis les tours

Nef et Transept
L'élévation de la Nef à quatre étages, grandes arcades, tribune, triforium et fenêtres hautes, répond à la plastique murale du premier art gothique. Les colonnettes des piles s'ornent de bagues comme à Noyon. Les voûtes sexpartites expliquent l'alternance de piles fortes et de piles faibles ; les premières supportent les arcs diagonaux, les secondes, les arcs doubleaux intermédiaires.

La construction du transept amorcée dès la première campagne de travaux s'est poursuivie jusque dans les années 1180, avec toutefois des modifications au projet primitif. Il en résulte un vaste transept bordé de collatéraux, qui s'unit au choeur et à la nef par une élévation à quatre étages mais s'en distingue par un voûtement quadripartite.

La rose

C'est une des premières roses du gothique, dessinée par des ouvertures dans le mur.

Huit vitraux représentant les sept arts libéraux et la médecine, enseignés au Moyen Age à l'école épiscopale de Laon, entourent le motif central symbolisant la sagesse issue de cet enseignement. Parfaitement aboutie, la rose du choeur constitue une iconographie rayonnante autour de la Vierge portant l'enfant Jésus.
Dans le dernier cercle, ce sont 24 vieillards de l'apocalypse, représentant le peuple de Dieu, dans l'avant dernier, les 12 apôtres.

Les verres et leurs motifs sont à 80 % ceux d'origine, datés de 1190 à 1120. Par le réalisme des drapés et du mouvement, la mis en scène expressive des personnages, ils sont caractéristiques du « style 1200 » qui voit, 50 ans après l'architecture, les arts appliqués s'affranchir du roman.
Le Cloître
Le cloître affecte le plan d'un rectangle très allongé qui se retourne d'équerre à chacune de ses extrémités. Ses travées au nombre de 11 sont voûtées sur croisées d'ogives aux tores amincis et sont encadrés par des doubleaux moulurés d'une arête entre deux tores. Ces voûtes retombent d'un côté sur des colonnettes monolithes, couronnées de chapiteaux à crochets, et de l'autre sur des culots garnis de feuillages. Le cloître prend jour sur le préau grâce à ses arcades géminées en tiers point s'ouvrant sous un curieux quatre feuilles orné de 16 trous circulaires.